Portrait : Arthur Angermuller

Arthur ANGERMULLER est doctorant à l’Université de Cergy-Pontoise et réalise sa thèse au laboratoire SATIE (Systèmes et Applications des Technologies de l'Information et de l'Énergie) sur le sujet suivant : "Estimation du délai Post-Mortem de l'os par méthodes ultrasonores".

Il est résident à la Maison de l’Inde depuis septembre dernier mais aussi clarinettiste, guitariste et fait partie de deux groupes qui viennent répéter régulièrement aux Studios de Musique…

Pouvez-vous vous présenter en tant que clarinettiste (à quel âge avez-vous commencé, quel répertoire avez-vous abordé, comment avez-vous réussi à concilier études et musique) ?

J'ai commencé la clarinette à l'âge de 7 ans en conservatoire et suivi un répertoire d'harmonie plutôt "classique". A côté j'ai débuté la guitare vers 12 ans pour m'ouvrir à un répertoire plus actuel. Après mon bac, j'ai décidé d'entreprendre des études d'ingénieur en acoustique au Mans à l'ENSIM afin de concilier étude et passion pour la musique. J'ai rencontré des personnalités formidables avec des cultures musicales très variées. Avec trois autres camarades, nous avons monté le groupe Deer Belling Café (DBC) et en 5 ans enregistré un EP éponyme et un album Wait For The Jazz. Notre style se voulait entre le Jazz et le Math-Rock bien que pour la composante Jazz, aucun de nous ne savait vraiment se qu'on faisait : disons du Jazz empirique, ça sonne bien mais on ne savait pas pourquoi. Dernièrement j'ai encore passé une nouvelle étape tournée vers la synthèse sonore en combinant le son de la clarinette avec tous les effets de guitare que j'ai à disposition : Fuzz, Whammy, Reverb, Delay ... J'essaye autant que possible de donner à la clarinette une nouvelle image, plus moderne que celle de l'instrument d'orchestre/harmonie.

Parlez-nous de votre groupe actuel, de ses musiciens. Comment vous êtes-vous connus, depuis quand jouez-vous ensemble ?

En arrivant à Paris, j'ai rapidement cherché à constituer une suite à DBC : le projet Jungle Paprika est née. Ce groupe est composé d'Alex Bonnet, ancien bassiste de DBC, Bertrand Deveaux ancien camarade de l'ENSIM au piano/synthé, et de Giorgio Presidente à la batterie qui nous a contacté via une annonce Zikinf. Finalement le groupe a trouvé sa formation finale en septembre 2019 et depuis nous travaillons sur un nouveau répertoire composé par Bertrand et moi. Le but est de composer des squelettes de morceau, des lignes directrices avant de les travailler en répétition : à partir de là, chaque instrumentiste apporte son univers pour habiller notre musique dans un mélange assez singulier.

Quel est le répertoire, à quelle fréquence vous réunissez-vous pour répéter ?

Le répertoire que nous composons et jouons n'a pas de style proprement défini : entre Jazz, pop, bossa. Généralement nous répétons une fois par semaine, parfois deux si cela est possible. Malheureusement, et c'est un problème pour tout groupe non professionnel, il arrive fréquemment que l'un ou l'autre parte en déplacement pour son travail pendant une certaine durée. Nous essayons de palier à ce problème en enregistrant rapidement des maquettes des morceaux en cours, le tout partie par partie. On peut alors écouter le morceau avec ou sans sa partie, permettant de travailler chez soi dans de bonnes conditions.

Avez-vous des concerts prévus ? Quels sont vos projets futurs ?

Le groupe est relativement jeune et nous n'avons aucun concert à notre actif. Mais l'envie de monter sur scène nous pèse tous et nous espérons pouvoir présenter notre univers à partir d'avril/mai. Etant résident de la Cité internationale, j'ai très envie de jouer à la Fête de la Cité prévue le 15-16-17 mai, qui serait pour nous un magnifique tremplin. Dans le futur proche nous devrons roder nos musiques sur scène pour voir ce qui marche et peaufiner les derniers détails de nos morceaux. Le but serait de pouvoir rapidement enregistrer un Album/EP dans le courant de l'année prochaine.

Si vous deviez résumer les Studios de Musique et la Cité internationale en quelques mots, lesquels choisiriez-vous ?

Je me suis installé à la Cité internationale en particulier pour avoir au plus proche de moi des studios de musique. Je fus surpris par le prix du studio (notamment pour un résident de la Cité) par rapport aux prix actuels sur Paris et à la qualité du matos mis à disposition. Le fait de vivre à la Cité me permet aussi de jouer facilement avec d'autres résidents : nous sommes d'ailleurs en train de monter un groupe avec plusieurs résidents de la Maison de l'Inde dans un répertoire moins prise de tête que la composition. Donc, en quelques mots : proximité, rapport qualité/prix, convivialité.