Le soutien à la Cité de l’ancien Premier Ministre Michel ROCARD pour le prix Nobel de la Paix

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« La Cité est un lieu d’apprentissage de la réconciliation. 
Je trouve cela admirable.
 »


Un flambeau tenu par des hommes de paix

« La Cité internationale universitaire de Paris est un établissement que je crois unique au monde et qui répond à une idée extraordinairement chaleureuse, celle de rassembler les représentants d’un peu toutes les nations du monde derrière la conquête du savoir et le sens supérieur à donner à ce savoir, au service des valeurs universalistes du rapprochement entre les peuples. Déjà en soi, cette idée mérite d’être reconnue. La Cité y est parvenue car des étudiants du monde entier y sont hébergés, parfois par des nations dont ils ne sont pas citoyens, comme il n’y a pas de pavillon pour chaque nation. 
La liste des résidents devenus après chefs d’État, ministres, savants, généraux, chercheurs, diplomates, est considérable. Or c’est un lieu non seulement de conquête du savoir mais aussi d’apprentissage de la vie en commun et de l’apprentissage de la réconciliation. Je trouve cela admirable. C’est d’autant plus admirable qu’elle est née juste avant la guerre, d’un gouvernement antifasciste, d’un gouvernement qui avait compris qu’il fallait s’opposer à Hitler et aux références de ces criminels. Tout ça fait un ensemble assez unique. 
Et puis dernier élément, c’est que depuis maintenant trois quarts de siècle, la Cité a tenu le flambeau et le maintien haut. Les pavillons se refont, d’autres nations arrivent. Le flambeau est continuellement tenu en main, et toujours par des hommes de paix, sous le signe de la réconciliation. »

Un avenir qui se joue dans la sensibilisation et dans la réconciliation entre les peuples

« Il faut continuer à garder ce flambeau de paix et de réconciliation. C’est-à-dire peut-être insister sur sa promotion chez tous les étudiants qui y passe et parce que nous vivons dans une phase extrêmement dangereuse du monde, la violence remonte, d’une certaine façon même la violence internationale ou en tous cas identitaire. Il y a tout un champ de disciplines mondiales, non nationales sur lesquelles la Cité pourrait amplifier sa vocation. »

Le rôle de la jeunesse et de la mobilité internationale dans la construction de la paix

« La Cité n’est pas une université elle-même, elle ne peut pas s’y substituer. Mais elle devrait probablement mener au nom de la paix, qui est sa raison d’être, une mission particulière de complément à l’enseignement de la paix. Parce que de tout temps, de toutes époques et en toutes occasions, la paix est toujours plus difficile à faire que la guerre. En temps de guerre, il faut de l’argent et du courage physique, mais tout y est simple moralement. Votre ennemi, c’est l’autre, celui qui est différent de vous. La paix exige au contraire de comprendre l’autre, de comprendre comment fonctionnent les psychologies et les attitudes des peuples qui sont arrivés précédemment à se combattre. A ce moment-là, il faut déborder les enseignements nationaux. Pour l’essentiel, l’enseignement est toujours national, partout dans le monde. Et il est nationalement le biais pour légitimer les souverainetés nationales. Les conflits avec l’autre, cultivés pour des raisons d’intérêt ou même de prestiges, restent dominants dans les enseignements nationaux. Il y a un champ que la Cité internationale pourrait se donner comme mandat d’explorer d’avantage encore. »

« La recherche des moyens d’établir la paix est une recherche constante. »

Un soutien aux initiatives des jeunes

« La cité n’est pas un agent diplomatique, elle n’est pas une université, elle n’est pas non plus un mouvement de masse : c’est un lieu d’hébergement. Mais elle peut avoir à ce titre une vertu de soutien aux initiatives difficiles. D’illustration, d’exposition et de présentation des initiatives les plus novatrices en matière de compréhension mutuelle etc… 
La recherche des moyens d’établir la paix, de faire passer ces exigences dans les cervelles du monde entier est une recherche constante. »