"La richesse de la Cité internationale est dans la rencontre de destins qui n'auraient pas pu se croiser autrement." | Pierre Laville

 

Pierre Laville | Résidence Robert Garric

Peux-tu nous raconter ton parcours et ton arrivée à la Cité internationale ?

Je suis arrivé à la Cité internationale il y a deux ans, en septembre 2016. De retour d'un an d'Erasmus en Hongrie et ma licence en poche, je ne pouvais pas espérer meilleure transition pour commencer mon master en "Drug Design in silico". En d'autres termes moins obscurs, cela concerne la conception de médicaments assistée par ordinateur.

Je me revois le jour de mon arrivée : accompagné de mon grand-père, les bras chargés de valises, sillonnant pour la première fois entre les façades de pavillons tous plus impressionnants les uns que les autres. Les premiers pas dans le couloir, la chambre, la vue sur la grande pelouse... J'ai tout de suite ressenti un grand engouement pour cette expérience nouvelle remplie de fraicheur et de promesses.

Qu'est ce qui t'a motivé à intégrer la Cité internationale ?

Pour être tout à fait honnête, je suis arrivé ici par hasard... Je cherchais un logement sur Paris et la Cité internationale était dans la liste de recommandations sur le site de mon master. J'ai donc déposé ma candidature comme on jette une bouteille à la mer. En regardant la liste des maisons, je ne pensais même pas avoir ma place en tant que français dans ce décor de carte postale irréel par rapport à l'idée que j'avais d'un Paris gris et pollué.

Quels sont tes projets et objectifs futurs ?

Je viens de commencer cette année une thèse en bioinformatique, voilà mon projet pour les trois années à venir, on verra ensuite ! J'étudie le VIH-2 (un version du virus beaucoup moins répandue que le VIH-1) en me focalisant sur l'une des protéines que la thérapeutique actuelle prend pour cible. Mais le virus mute anormalement et entraîne des résistances aux médicaments. La compréhension du pourquoi de ces mécanismes de résistance représente tout l'enjeu de ma recherche. Au lieu de faire des expériences dans un laboratoire, j'effectue des simulations et calculs par ordinateur. J'aime le côté pluridisciplinaire, l'interface entre chimie, biologie et informatique.

D'un point de vue moins académique, je suis très investi en parallèle à la Cité internationale. Mettre les mains dans la terre au Jardin du Monde, dans le cambouis au Vélo Volant, dans les subtilités de la langue française avec Cité Unie. Je les mets désormais encore plus dans le numérique avec mon projet Cité libre que j'ai lancé en septembre. On y parle d'hygiène numérique; c'est-à-dire des pratiques permettant de reprendre en main les outils informatiques que l'on utilise au quotidien. La place hégémonique que le numérique va prendre dans un avenir très proche fait que nous sommes tous concernés et devons avoir le recul suffisant sur ses tenants et aboutissants.

Penses-tu que ton séjour à la Cité internationale soit un tremplin pour ton avenir ?

Et comment ! Avoir l'opportunité de parler anglais tous les jours, de s'essayer à la vie associative et à la gestion de projets, de côtoyer des têtes pensantes dans des domaines aux antipodes du mien... Voilà ce que c'est que de vivre à la Cité internationale. Ajouter cela la vie en communauté et tous les enseignements que l'on peut en tirer sont autant d'armes pour me préparer à l'avenir.

Si tu devais résumer la Cité internationale en un mot, lequel choisirais-tu ?

Carrefour. Parce que l'on a l'opportunité d'échanger au quotidien avec des personnes qui viennent des quatre coins du monde et étudient des choses que l'on imaginait même pas exister. La richesse de la Cité internationale est dans la rencontre de destins qui n'auraient pas pu se croiser autrement.

 

Retrouvez Pierre et toute l'équipe Cité libre le 27 novembre à l'occasion de leur événement "Do we have something to hide? - Intro to online privacy" à la Maison internationale.

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